Hillary Clinton représente la guerre

par Hannes Hofbauer.

Quiconque se met à lire le nouveau livre de Diana Johnstone, ressent rapidement un malaise. Dans ces élections présidentielles américaines, il ne faut surtout pas espérer en Hillary Clinton, dont le portait politique est réalisé dans l’ouvrage de Johnstone. L’ancienne First Lady et ancienne Secrétaire d’État des États-Unis cache son avidité de pouvoir et de guerre en utilisant des formules vides du droit-de-l’Hommisme et du féminisme, mais – selon l’auteure – elle serait la «tête de proue» idéale pour le complexe militaro-industriel américain.

L’américaine Diana Johnstone, qui vit à Paris, appelle, dans sa biographie soigneusement recherchée de la candidate démocrate à la Présidence, la «reine du chaos».

Pendant de longues années, la scientifique – âgée entre-temps de 82 ans – s’est penchée sur les guerres dirigées par Washington, notamment l’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie. Pendant deux législatures Johnstone fut porte-parole des Verts au Parlement européen, avant de tomber en disgrâce suite à sa position irréductiblement anti-OTAN. Avec la biographie politique d’Hillary Clinton qui pourrait être sous peu la plus puissante du monde, l’auteure donne à ses lecteurs un aperçu d’un avenir rempli de mensonges et de guerres.

De manière magistrale, Johnstone retrace le monde des idées d’Hillary Clinton, et comment elle a réussi déjà comme Secrétaire d’État des États-Unis à récupérer les groupes de la société civile dans le monde entier pour les intérêts américains. Ainsi, elle rappelle le «dialogue stratégique des sociétés civiles» initié par Clinton au début 2011, avec lequel elle exigea des ambassadeurs américains de se fonder sur les trois piliers de sa politique: «un gouvernement à l’écoute, une économie privée puissante et une société civile, remplissant l’espace entre l’État et l’économie».

Johnstone décrit comme idéologiquement déterminant la voie prise par les démocrates libéraux sous la direction de Mme Clinton «menant de l’égalité à la diversité». C’est ainsi qu’on réussit à déclarer la fin de l’idée des classes en Europe et de la remplacer par le «droit à l’altérité» en l’ancrant profondément également dans les cercles de gauche. La doctrine sociétale dominante est basée sur les conceptions de la multi-culturalité, des soucis pour les minorités et de l’antiracisme. Johnston y repère un nouveau mantra que Clinton récite toujours quand des gouvernements encombrants refusent l’obéissance économique et/ou politique. Alors que dans le cas de l’Arabie saoudite, il n’en était (et n’est) jamais question, les États-Unis sous les deux Clinton tiraient la carte de la société civile contre la Yougoslavie et la Libye.

L’attaque de la Libye de Kadhafi était, selon Johnstone, «la guerre personnelle de Hillary». Le Pentagone et les militaires dirigeants déconseillèrent de déclencher une guerre contre la Libye, la Secrétaire d’État Clinton, cependant, boycotta toutes tentatives de trouver une solution politique. Après le lynchage de Mouammar Kadhafi, elle s’est laissée aller jusqu’à paraphraser la déclaration de César: «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.» Un tel mépris brutal pour un adversaire politique est rarement entendu publiquement.

Si l’on suit l’argumentation de Johnstone, les relations américano-russes continueront à se détériorer au cas où Mme Clinton serait élue présidente des États-Unis. Johnstone rappelle à ce sujet les critiques émises envers George W. Bush en 2008 par la «reine du chaos». Lors de son bref rapprochement du Kremlin, ce dernier, ayant pu regarder Poutine dans les yeux, avait affirmé qu’il en avait vu son âme. Ce à quoi Hillary lui aurait répondu «qu’un agent du KGB n’a pas d’âme».

Après la lecture de ce livre, il reste la peur – car l’auteure démontre, de quelle manière Mme Clinton, alors Secrétaire d’État, a agressivement imposé sa vision du monde, et il n’y a guère d’espoir, que cela change si elle devient présidente.

Johnstone, Diana: Die Chaos-Königin, Hillary Clinton und die Aussenpolitik der selbst­ernannten Weltmacht, Francfort 2016 [Hillary Clinton, la reine du chaos, et la politique extérieure de la puissance mondiale autoproclamée]

Source: Ossietzky

(Traduction Horizons et débats)

Hillary Clinton

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