Le monde réagit aux événements de Gaza, après le déménagement de l’ambassade américaine

A l’heure du 70e anniversaire de la proclamation de l’Etat hébreu et alors que plusieurs dizaines de manifestants palestiniens ont été tués par des soldats israéliens, Israël a inauguré l’ambassade américaine à Jérusalem, comme promis par Trump.

  • Selon un communiqué de l’Elysée, Emmanuel Macron a «condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants» palestiniens à Gaza au cours d’entretiens téléphoniques ce 14 mai avec son homologue palestinien Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie Abdallah II.

    Par ailleurs, le chef de l’Etat a une nouvelle fois exprimé «la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem» et souligné que le statut de la ville «ne pourra être déterminé qu’entre les parties, dans un cadre négocié sous l’égide de la communauté internationale».

  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué Israël, qu’il a accusé de pratiquer du «terrorisme d’Etat» et de mener un «génocide» contre les Palestiniens.

    La Turquie a par ailleurs rappelé pour consultations ses ambassadeurs en Israël et aux Etats-Unis.

  • L’Afrique du Sud rappelle son ambassadeur en Israël. Dans un communiqué, le ministère sud-africain des Affaires étrangères a fait savoir : «Au vu du caractère grave et non-discriminé des dernières attaques israéliennes, le gouvernement sud-africain a pris la décision de rappeler l’ambassadeur Sis Ngombane avec effet immédiat.»

  • La Maison Blanche a dénoncé la «responsabilité» du Hamas dans la mort de dizaines de Palestiniens tués par des soldats israéliens.

    «La responsabilité de ces morts tragiques repose entièrement sur le Hamas», a affirmé Raj Shah, le porte-parole adjoint de l’exécutif américain.

  • Le gouvernement allemand a fait valoir sa position sur la mort de dizaines de Palestiniens à Gaza, tués par des soldats israéliens, dans un communiqué : «Israël a le droit de se défendre et de sécuriser ses frontières contre des intrusions violentes, mais le principe de proportionnalité s’applique. Le droit à des manifestations pacifiques doit aussi s’appliquer à Gaza.»

    La France de son côté a «condamné les violences» et appelé à la «retenue».

  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a qualifié d’autodéfense contre le Hamas les actions d’Israël contre les Palestiniens à Gaza. Le Premier ministre a accusé le Hamas de chercher la destruction de l’Etat hébreu.

    «Chaque pays a l’obligation de défendre ses frontières», a-t-il assuré.

    Au moins 52 manifestants ont été tués à Gaza par des soldats israéliens le 14 mai. Au moins 2 000 Palestiniens ont par ailleurs été blessés le même jour.

    En savoir plus : 52 Palestiniens tués par des tirs israéliens à Gaza, les autorités accusent Israël de «massacre»

  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a fait savoir ce 14 mai qu’il désapprouvait la décision américaine de déplacer l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem. «Alors que les tensions sur le terrain sont vives […] la France appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement», a-t-il également fait savoir.

  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a remercié le président américain Donald Trump qui a, selon lui, «fait l’histoire». «Vous avez rendu la relation israélo-américaine plus forte que jamais», a-t-il commenté sous les applaudissements. Il a également expliqué que le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem pouvait être un «moment de réconfort» pour les survivants de l’Holocauste. Benjamin Netanyahou a également remercié Jared Kushner, Ivanka Trump et le vice-président américain Mike Pence pour leur «engagement sans faille envers l’Etat d’Israël».

  • Le président américain Donald Trump a félicité sur Twitter l’Etat d’Israël pour l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, quelques minutes après le dévoilement de la plaque indiquant l’emplacement de la représentation diplomatique américaine. «Un grand jour pour Israël. Bravo !», a-t-il commenté.

    «Notre plus grand espoir est celui de la paix. Les Etats-Unis restent pleinement engagés à faciliter un accord de paix durable», avait-il auparavant fait savoir dans un message vidéo, diffusé devant le parterre de représentants américains et israéliens.

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Son ouverture était annoncée depuis décembre 2017, des panneaux ont été installés autour du site dans la semaine du 7 mai : l’ambassade américaine à Jérusalem est inaugurée ce lundi 14 mai 2018, jour du 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël.

Parmi les centaines de représentants américains et israéliens annoncés, Ivanka Trump, la fille du chef d’Etat américain participera à la cérémonie.

Si l’événement est salué par l’Etat hébreu, il est en revanche susceptible d’accentuer des tensions déjà vives dans le cadre de la commémoration palestinienne de la «Nakba» («catastrophe») correspondant à l’exode palestinien de 1948, lors du quel 700 000 arabes palestiniens ont été chassés de leurs habitations. Par ailleurs, depuis le début du rassemblement de «la marche du Retour» le 30 mars 2018, des dizaines de Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats israéliens dans la bande de Gaza.

L’AFP rapporte qu’à l’occasion de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, des milliers de Palestiniens de la bande de Gaza s’apprêtent à marcher en direction de la frontière israélienne, certains ayant proclamé leur intention de tenter de forcer la barrière de sécurité.

Dans une vidéo diffusée sur internet, le chef de l’organisation terroriste Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a appelé ses fidèles au djihad contre l’installation de l’ambassade, qualifiant au passage l’Autorité palestinienne de «vendeurs de la Palestine».

L’agence de presse Reuters précise que peu de représentants étrangers assisteront à l’événement. L’officialisation par Donald Trump, en décembre 2017, de la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël avait largement été condamnée par la communauté internationale. Une résolution avait notamment été votée par l’Assemblée générale des Nations unies le 21 décembre 2017.

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