Avec Clinton nous pourrions rapidement glisser vers une guerre nucléaire

Pour la plupart des médias occidentaux, il est clair que Hillary Clinton sortira gagnante de l’élection présidentielle. Cependant, en Allemagne, une voix, celle de Jakob Augstein, met en garde: sur Spiegel online dans la chronique du 20 octobre, il déclare Hillary Clinton comme étant un «risque sécuritaire» en se référant à la politique étrangère de Donald Trump. «Concernant la question de la guerre et de la paix, Trump est probablement le meilleur choix que Mme Clinton. Et d’ajouter: Dans cette question, Trump n’a rien à se reprocher.» Il a l’intention de ne pas se mêler aux litiges mondiaux. La position d’Hillary Clinton concernant cette question est également claire. Elle s’est prononcée explicitement en faveur d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie, ce qu’Augstein reconnaît à juste titre comme étant un «acte de guerre». En outre, elle aurait déclaré: «Nous avons besoin d’un levier contre les Russes.» et qu’il fallait prendre le risque d’une confrontation militaire avec la Russie. Donc, Aug­stein a raison de se demander: «Comment l’opinion publique allemande peut-elle ignorer ce réel danger d’une victoire de Clinton?» Son conseil pour les pays occidentaux: si la souffrance des peuples nous préoccupe véritablement, «l’Occident n’a qu’à arrêter de poursuivre ses objectifs de conquête politique et de suprématie. L’Occident n’est absolument pas impuissant – bien au contraire: il peut simplement arrêter de se mêler des affaires des autres.» Il a bien raison.

Même aux Etats-Unis, de plus en plus de voix s’élèvent dans ce sens. Dennis Kucinich, ancien membre du Congrès, par exemple, appelle à relancer un mouvement pacifiste aux Etats-Unis (cf. encadré).

Jill Stein, candidate écologiste aux élections présidentielles, met les points sur les i et les barres sur les t concernant les positions de Clinton face à la Syrie: «Le nombre des guerres ne cesse d’augmenter, actuellement nous bombardons sept pays […] Et maintenant Hillary Clinton est sur le point de commencer une guerre aérienne contre la Russie à cause de la Syrie, en exigeant une zone d’exclusion aérienne. Nous disposons de 2000 missiles nucléaires en état d’alerte. Vous dites que nous sommes plus proches d’une guerre nucléaire, que nous l’avons jamais été. Nous pourrions rapidement glisser vers une guerre atomique en raison de la politique affichée [de Clinton] en Syrie. […] Et en ce qui concerne la guerre et les armes nucléaires, c’est la politique d’Hillary qui est beaucoup plus angoissante que celle de Donald Trump, qui ne compte pas faire la guerre à la Russie. Il cherche à coopérer avec la Russie. Voilà la voie que nous devrions poursuivre afin de ne pas risquer de confrontation ou de guerre nucléaire avec la Russie.» (www.realclearpolitics.com).

On aurait déjà pu le savoir au mois d’avril de cette année. A l’époque, Faith Wittlesey, ancienne ambassadrice des Etats-Unis en Suisse, s’exprima au sujet de la position de Trump en politique étrangère: «Monsieur Trump est d’avis qu’il est dans l’intérêt national des Etats-Unis d’améliorer nos relations avec la Russie. […] Car la Russie est le seul pays ayant la possibilité de créer des dégâts mortels aux Etats-Unis. […] En tant que nation chrétienne, elle peut soit être un partenaire fiable dans la lutte contre la renaissance d’un islamisme radical soit devenir un potentiel adversaire dangereux.» (http://dailycaller.com du 4 avril).

Si Hillary Clinton gagne l’élection présidentielle …

Tages-Anzeiger: Comment la politique mondiale se transformera-t-elle, si Hillary Clinton met en œuvre ce rapport stratégique après sa probable victoire aux élections ?

Günter Meyer: Les tensions géopolitiques s’aggraveront dans une mesure dépassant de loin tout ce que nous avons vécu depuis la fin de la guerre froide. La stratégie de la politique étrangère américaine, basée avant tout sur la supériorité des Etats-Unis et exigeant une nouvelle course aux armements inégalée, nous mènera au seuil de la troisième guerre mondiale ou de la première guerre nucléaire. Toutes espérances pour la fin des tueries en Syrie et le règlement des guerres par procurations dans la région sont aussi illusoires que l’attente de développements pacifiques dans la région du Golfe.

Source: Interview du Prof. Dr. Günter Meyer, spécialiste de politique internationale et directeur du Centre pour la recherche sur le Monde arabe (ZEFAW) à l’Université de Mayence, accordé au quotidien suisse «Tages-Anzeiger» du 21/10/16.

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