L’amitié franco-russe s’est forgée dans les tranchées de la Grande guerre

Le SIEL rend hommage au corps expéditionnaire russe.

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La Russie tsariste accepta en décembre 1915 d’envoyer quatre brigades d’infanterie, composées d’environ 50.000 officiers et soldats, pour combattre aux côtés des troupes françaises et britanniques, en échange de divers matériels de guerre : deux de ces brigades furent dépêchées sur le front français, en Champagne (1ère et 3e) et les deux autres envoyées dans les Balkans, sur le front de Salonique (2e et 4e).

Equipés et armés par la France, les soldats de la 1ère brigade débarquèrent à Marseille en avril 1916. Ils furent immédiatement acheminés jusqu’au camp de Mailly et affectés au secteur de Suippes et d’Aubérive : ils y furent renforcés par la 3e brigade arrivée en France en octobre 1916. Au début de 1917, ces deux brigades participèrent à l’offensive déclenchée par le général Nivelle et se distinguèrent dans l’attaque du Mont Spin au cours de laquelle elles subirent de lourdes pertes.

Après la révolution de février 1917, les troupes russes furent traversées par des tensions considérables : aux soldats loyalistes qui acceptèrent de continuer de combattre en France s’opposèrent ceux qui voulaient regagner la Russie. Les deux brigades furent alors retirées du front et acheminées au camp de La Courtine dans la Creuse. Au cours de l’été 1917, une mutinerie éclata parmi les soldats de la 1ère Brigade qui exigeaient d’être renvoyés en Russie : encerclés et privés de tout ravitaillement, les mutins furent contraints de se rendre au lendemain d’un assaut donné par les troupes françaises qui fit, du 15 au 18 septembre, une dizaine de morts parmi les soldats russes.

Après la révolution bolchevique d’octobre 1917 et la signature du traité de paix de Brest-Litovsk en mars 1918, 400 officiers tsaristes et soldats russes continuèrent le combat jusqu’en 1918 au sein d’une Légion russe de volontaires, 10.000 soldats russes furent incorporés parmi les travailleurs militaires, tandis que 1.300 réfractaires environ furent transférés dans des camps en Algérie. En 1919-1920, le gouvernement bolchevik obtient le rapatriement des soldats russes encore détenus, en échange de membres de la mission militaire française faits prisonniers. Quelques dizaines d’entre eux choisirent de demeurer en France et de s’y installer.

Plus de 20 000 hommes participèrent aux opérations militaires en Champagne et 5 000 d’entre eux, soldats et officiers russes, perdirent la vie sur les champs de bataille français. L’engagement du corps expéditionnaire dépêché par le Tsar Nicolas II sur le front français est un épisode méconnu de la Grande guerre. A l’heure où la France honore légitimement la mémoire de nos Poilus morts au champ d’honneur durant la Grande Guerre, il importe de ne pas oublier la bravoure de leurs frères d’armes russes. Œuvrant inlassablement au renforcement de l’amitié franco-russe, le SIEL a donc décidé de saluer la mémoire de ce corps expéditionnaire, dans le cadre d’un rassemblement qui se tiendra le 22 avril prochain à 19h30 au pied du monument dédié à cet épisode de notre histoire (Place du Canada, entre le Pont Alexandre III et le Grand Palais – Métro : Franklin D. Roosevelt).

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